Zone Urbaine Sensible

Zone urbaine sensible

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Une zone urbaine sensible (ou ZUS) est un territoire infra-urbain défini par les pouvoirs publics français pour être la cible prioritaire de la politique de la ville.

La loi n° 96-987 du 14 novembre 1996 relative à la mise en œuvre du Pacte de relance pour la ville a défini dans son article 2 les zones urbaines sensibles (ZUS), parmi lesquelles on distingue les zones de redynamisation urbaine (ZRU) et les zones franches urbaines (ZFU) [1]. Les ZRU et les ZFU bénéficient d'aides spécifiques sous forme d'exonérations [2] fiscales et sociales.

Les zones urbaines sensibles constituent un sous-ensemble de l'ensemble plus large des 2 500 quartiers prioritaires objet des contrats urbains de cohésion sociale (CUCS)[3] qui ont succédé aux contrats de ville .

L’article 6 de la Loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003 (loi Borloo) modifié par la loi du 18 janvier 2005 dispose par ailleurs que le programme national de rénovation urbaine (PNRU) visera à restructurer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durable, les quartiers classés en zone urbaine sensible.

Sommaire

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Les zones urbaines sensibles : 4,7 millions d’habitants (en 1999) [modifier]

Les zones urbaines sensibles formalisent la notion de « quartier en difficulté ». Définies dans la loi de novembre 1996, elles sont « caractérisées [notamment] par la présence de grands ensembles ou de quartiers d'habitat dégradé et par un déséquilibre accentué entre l'habitat et l'emploi ». La sélection des ZUS s’est opérée sur des critères qualitatifs (« grands ensembles », « déséquilibre emploi/habitat ») et sur une analyse conjointe des élus et de l’État.

Les ZUS sont au nombre de 751 depuis l'an 2000 (dont 34 dans les DOM). La liste complète des ZUS est disponible sur le site de la Délégation interministérielle à la ville sous la forme de l'Atlas des zones urbaines sensibles[4].

Parmi les zones urbaines sensibles, celles qui appartiennent au territoire de communes de plus de 10 000 habitants, soit 714 ZUS, représentaient en 1999 une population d'un peu plus de 4 260 000 habitants, dont environ 1,26 million de jeunes de moins de 25 ans.

L'Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS)[5], créé par la loi du 1er août 2003 et placé auprès du ministre chargé de la ville, a reçu mission de « mesurer l’évolution des inégalités sociales et des écarts de développement dans chacune des zones urbaines sensibles […], de mesurer les moyens spécifiques mis en oeuvre et d’en évaluer les effets par rapport aux objectifs [de la loi] ». Il publie chaque année un rapport sur l’évolution des écarts entre les zones urbaines sensibles et le reste de leur agglomération sur la base d’indicateurs spécifiques : chômage, développement économique, réussite scolaire, accès au système de santé, sécurité...

Article connexe : Politique de la ville en France.

Les zones de redynamisation urbaine (ZRU) et les zones franches urbaines (ZFU) [modifier]

Parmi les zones urbaines sensibles certaines ont été qualifiées en zones de redynamisation urbaine (ZRU) et d'autres en zones franche urbaine (ZFU) suivant un ordre de soutien croissant correspondant à des difficultés particulières elles-même croissantes :

  • les zones de redynamisation urbaine (ZRU) sont caractérisées par un taux de chômage élevé, une large proportion de personnes non diplômées et un faible potentiel fiscal. Au nombre de 416 (dont 20 dans les DOM) ces ZRU représentent un peu plus de la moitié des ZUS en nombre et un peu plus des 2/3 de la population des ZUS (3,2 millions d'habitants en 1999) ;
  • les zones franches urbaines (ZFU) sont des ZRU d'une taille supérieure à 8 500 habitants qui nécessitent l'aide la plus importante. Les entreprises qui s'y implantent reçoivent des aides incitatives. Au nombre de 100 (dont 7 dans les DOM), les ZFU représentent un peu moins du 1/3 de la population des ZUS (1,4 millions d'habitants en 1999). Le dispositif des ZFU a été élargi progressivement. Aux 38 ZFU créées en 1997 pour une durée de 20 ans, sont venues s'ajouter 41 nouvelles ZFU ont en 2004 pour une durée de 4 ans , et enfin 15 ZFU dites de 3e les ont rejointes à l'été 2006[6]. Les ZFU, créées à l'origine pour cinq ans, ont été prorogées jusqu'au 31 décembre 2011.
Article connexe : Liste des zones franches urbaines.

Dispositions particulières concernant les ZUS [modifier]

L'article 19 de la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance introduit l'article L. 300-7 dans le Code de l'urbanisme, autorisant le préfet à obliger le propriétaire d'un centre commercial dégradé à le rénover, lorsque celui-ci est situé dans une ZUS et que son état compromet « la rénovation urbaine d'un quartier ».

 

Chômage élevé et forte proportion de jeunes sans formation [modifier]

Évolution comparée du taux de chômage dans les quartiers des Zones urbaines sensibles (Zus) et en France (Métropole) entre 2003 et 2008

Dans son rapport 2009, l'Observatoire national des ZUS (Onzus) fait état d'un bilan « nuancé ».

En 2008, le taux de chômage s'élevait à 16,9 % en Zus contre 7,5 % pour l'ensemble de la France (métropole) et 7,7 % dans le reste des agglomérations qui abritent ces quartiers des Zus. Le taux de chômage s'est réduit de 3,1 points par rapport à 2005 mais reste 9,4 points plus élevé que sur l'ensemble du territoire métropolitain.

La population jeune des zones urbaines sensibles poursuit moins souvent des études. Un quart des jeunes y sont en chômage ou en inactivité, soit une proportion deux fois plus élevée que dans le reste des agglomérations comportant une ZUS (Rapport Onzus 2009).

Dans les zones franches urbaines (ZFU), c'est-à-dire dans les quartiers où la dépense publique pour favoriser le développement économique est la plus élevée, le recul du taux de chômage entre 2006 et 2008 a été un peu plus marqué avec une baisse d'environ 4,9 points. Mais le taux de chômage y atteignait encore 16,5% en 2008.

Population des ZUS des principales Unités urbaines [modifier]

Source : Données urbaines infra-communales par quartier (ZUS et CUCS) sur le site de l'Insee.
Unité urbaine (agglomération) Population ZUS (1999) Rang population ZUS (1999)↓ Population unité urbaine (1999) Rang unité urbaine (1999)↓ Pourcentage ZUS↓ Nombre de ZUS↓ Population moyenne ZUS (1999)↓
Paris (agglomération parisienne) 1 262 037 1 9 644 507 1 13,1% 148 8 527
Marseille- Aix-en-Provence 247 022 2 1 349 772 2 18,3% 18 13 723
Lille 193 727 3 1 000 900 4 19,4% 16 12 108
Lyon 192 136 4 1 348 832 3 14,2% 28 6 862
Bordeaux 99 166 5 705 564 7 14,1% 13 7 628
Strasbourg 83 255 6 427 245 10 19,5% 10 8 326
Douai-Lens 75 386 7 518 739 9 14,5% 20 3 769
Nice 53 525 8 888 784 5 6,0% 5 10 705
Valenciennes 52 620 9 357 395 13 14,7% 16 3 289
Toulouse 46 657 10 761 090 6 6,1% 5 9 331
Toulon 46 566 11 298 004 16 15,6% 9 5 174
Nantes 46 330 12 544 932 8 8,5% 6 7 722
Rennes 46 227 13 272 263 20 17,0% 5 9 245
Rouen 45 835 14 389 862 12 11,8% 10 4 584
Grenoble 41 026 15 419 334 11 9,8% 7 5 861
Nancy 39 603 16 331 363 14 12,0% 6 6 601
Montpellier 33 443 17 287 981 19 11,6% 5 6 689
Metz 30 992 18 322 526 15 9,6% 6 5 165
Tours 21 235 19 297 631 17 7,1% 4 5 309
Saint-Étienne 19 951 20 291 960 18 6,8% 5 3 990
Ensemble principales unités urbaines 2 676 739 na 20 458 684 na 13,1% 342 7 827

Principales communes de France (hors Île-de-France) à ZUS importante [modifier]

Source : journal du net
Voir aussi : Données urbaines infra-communales par quartier (ZUS et CUCS) sur le site de l'Insee.
Département↓ Commune↓ Population ZUS↓ Population commune 1999↓  % Population ZUS 1999↓
Moselle Behren-lès-Forbach 8 841 10 073 87,77 %
Gironde Cenon 18 429 21 283 86,59 %
Aube La Chapelle-Saint-Luc 12 064 14 447 83,50 %
Gironde Lormont 16 886 21 343 79,12 %
Nord Roubaix 74 382 96 984 76,70 %
Sarthe Allonnes 9 361 12 332 75,91 %
Rhône Vaulx-en-Velin 26 677 39 154 68,13 %
Côte-d'Or Chenôve 10 974 16 257 67,50 %
Rhône Rillieux-la-Pape 18 446 28 367 65,03 %
Seine-Maritime Canteleu 9 021 15 430 58,46 %
Pas-de-Calais Le Portel 6 212 10 720 57,95 %
Moselle Creutzwald 8 136 14 360 56,66 %
Nord Mons-en-Barœul 12 787 23 017 55,55 %
Moselle Woippy 7 532 13 755 54,76 %
Moselle Fameck 6 872 12 635 54,39 %
Doubs Montbéliard 14 462 27 570 52,46 %
Gard Beaucaire 7 201 13 748 52,38 %
Oise Montataire 6 017 12 048 49,94 %
Rhône Saint-Fons 7 815 15 671 49,87 %
Meurthe-et-Moselle Vandœuvre-lès-Nancy 15 952 32 048 49,78 %
Eure-et-Loir Dreux 15 556 31 849 48,84 %
Nord Hem 9 283 19 675 47,18 %
Côte-d'Or Talant 5 736 12 176 47,11 %
Rhône Pierre-Bénite 4 670 9 963 46,87 %
Meurthe-et-Moselle Laxou 7 133 15 288 46,66 %
Marne Vitry-le-François 7 590 16 737 45,35 %
Charente Soyaux 4 574 10 177 44,94 %
Nord Saint-Pol-sur-Mer 10 471 23 337 44,87 %
Aisne Saint-Quentin 26 491 59 066 44,85 %
Seine-Maritime Gonfreville-l'Orcher 4 439 9 938 44,67 %
Haute-Marne Saint-Dizier 13 495 30 900 43,67 %
Oise Nogent-sur-Oise 8 296 19 151 43,32 %
Orne Alençon 12 318 28 935 42,57 %
Nord Condé-sur-l'Escaut 4 459 10 527 42,36 %
Pas-de-Calais Harnes 5 664 13 700 41,34 %
Rhône Vénissieux 23 114 56 061 41,23 %
Pas-de-Calais Liévin 13 674 33 427 40,91 %
Nord Hautmont 6 524 16 029 40,70 %
Marne Châlons-en-Champagne 19 227 47 339 40,62 %

Principales communes d'Île-de-France à ZUS importante [modifier]

Source : journal du net
Voir aussi : Données urbaines infra-communales par quartier (ZUS et CUCS) sur le site de l'Insee.
Département↓ Commune↓ Population ZUS↓ Population commune 1999↓  % Population ZUS 1999↓
Essonne Grigny 22 962 24 512 92,58 %
Essonne Épinay-sous-Sénart 11 049 12 797 86,34 %
Val-de-Marne Villeneuve-le-Roi 24 418 28 531 85,58 %
Val-d'Oise Argenteuil 46 065 57 871 79,60 %
Seine-Saint-Denis Clichy-sous-Bois 21 543 28 288 76,70 %
Seine-Saint-Denis Épinay-sur-Seine 30 736 46 409 66,23 %
Yvelines Trappes 18 446 28 812 64,02 %
Val-d'Oise Sarcelles 15 983 26 145 61,13 %
Val-d'Oise Villiers-le-Bel 16 024 26 263 61,01 %
Essonne Courcouronnes 8 282 13 954 59,35 %
Yvelines Mantes-la-Jolie 25 503 43 672 58,40 %
Val-de-Marne Bonneuil 10 612 15 361 69,08 %
Val-de-Marne Orly 11 379 20 470 55,59 %
Seine-et-Marne Meaux 27 114 49 421 54,86 %
Essonne Les Ulis 14 032 25 785 54,42 %
Essonne Saint-Michel-sur-Orge 10 889 20 375 53,44 %
Seine-et-Marne Melun 18 859 35 695 52,83 %
Yvelines Achères 9 637 18 942 50,88 %
Essonne Massy 18 783 37 712 49,81 %
Seine-Saint-Denis Sevran 23 415 47 063 49,75 %
Essonne Vigneux-sur-Seine 12 735 25 652 49,65 %
Hauts-de-Seine Nanterre 41 402 84 281 49,12 %
Hauts-de-Seine Colombes 37 088 76 757 48,32 %
Yvelines Carrières-sous-Poissy 6 210 13 472 46,10 %
Yvelines Limay 5 159 21 667 44,22 %
Seine-Saint-Denis La Courneuve 15 566 35 310 44,08 %
Val-de-Marne Villeneuve-Saint-Georges 7 703 17 837 43,19 %
Yvelines Les Mureaux 13 682 31 739 43,11 %
Seine-et-Marne Le Mée-sur-Seine 9 086 21 217 42,82 %
Seine-et-Marne Dammarie-lès-Lys 8 815 20 659 42,67 %
Hauts-de-Seine Villeneuve-la-Garenne 9 368 22 349 41,92 %
Seine-et-Marne Nemours 5 322 12 898 41,26 %
Hauts-de-Seine Châtenay-Malabry 12 245 30 621 39,99 %
Val-de-Marne Vitry-sur-Seine 27 512 78 472 33 %
Essonne Sainte-Geneviève-des-Bois 8 689 32 128 27 %

Corbeil Essonnes

Notes et références [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Olivier Mandon, Tableau de bord des zones franches urbaines en Ile-de-France, éditions IAURIF, Paris, 2007 (60 pages)

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]

Présentation

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